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L'école de la Roche
Projet d'Agroécologie autour d'un couloir de nage élodée


La nuit du  28 décembre 1995, alors que je travaille depuis 6 mois sur l'étude  d'un projet agrotouristique en vue de réhabiliter l'ancienne école d'agriculture du domaine de la Roche,  je vois le bâtiment l'Ecole se détacher du sol, s'élever dans le ciel et s'y cristalliser avant d'exploser dans une aveuglante lumière, projetant ses débrits de cristal dans toutes les directions. La violence et la précision de cette vision me sortent du sommeil. Je me réveille avec le sentiment que mon travail est terminé: mon projet pour le domaine de la Roche est formulé,  les choses doivent maintenant faire leur chemin et moi passer à autre chose.
Le lendemain matin j'entends à la radio l'annonce de l'explosion nucléaire déclanchée durant la nuit  par la France dans les profondeurs rocheuses du Pacifique. Etrange coïncidence!

Durant l'été 1996, après plusieurs années passées dans un appartement à Toulouse, je retourne habiter sur le domaine de la Roche, dans la maison dont j'ai hérité de mes Grands Parents, située tout près de l'ancienne école. J'y entreprends des  travaux de rénovation d'un vieil étang dans l'idée de le rendre baignable.
Des personnes ayant entendu parler de ce travail me rendent visite et me confient la construction d'un étang de baignade chez eux en Dordogne. A cette période je travaille le week end dans une usine de composants électroniques à Toulouse. J'ai donc le temps de m'occuper de ce projet et le fait avec plaisir. Les clients sont isatisfaits du résultat, ce qui me conforte dans l'idée de poursuivre l'expérience et pouquoi pas, d'en faire mon métier. Mais si mes premiers clients  me sont tombés du ciel, la recherche de nouveaux s'annonce bien plus difficile. A l'époque, la piscine biologique n'existe pas encore en France.
Il y a bien une collègue d'usine qui a le projet de faire une piscine, mais elle ne montre pas beaucoup d'enthousiasme à l'idée d'une piscine naturelle. En attendant le prochain client, je prépare un dossier de candidature pour le festival des jardins de Chaumont sur Loire. Nous sommes en 1998, le thème de cette année est  l'Eau dans le jardin.
Un Week End, ma collègue de travail m'invite  chez elle à une soirée de guidance: une de ses amie est médium, et prête lors de ces soirées sa voix à des guides, en général des anges, plus rarement des archanges, qui délivrent un message devant une petite assemblée. Pour ne pas mourir idiot, j'accepte l'invitation. La séance se passe dans le sous sol de la maison. Au centre de la pièce, je remarque immédiatement  une petite installation comprenant un bol avec de la terre, un verre d'eau dans lequel est placée une rose dont le parfum flotte dans l'air et enfin une bougie allumée. Dans la mesure où cela fait plusieurs jours que pour Chaumont sur Loire je réfléchi à une mise en scène des 4 élements Terre, Eau, Air, Feu, je me sens immédiatement concerné. On me dira par la suite que ces préparatifs avaient été effectués  à la demande de l'entité qui s'exprimait ce soir là. En général les messages délivrés lors de ces soirées font l'objet d'enregistrements. Ce soir, également à la demande de l'entité le magnétophone reste éteint. Si je ne me souviens pas des détails du  discours,  je garde parfaitement en mémoire son contenu qui peut se résumer en ces quelques mots: "Il est urgent pour l'Homme de se relier à la Nature." Au terme de sa conférence l'entité demande à une des personnes de l'assemblée de se lever, de s'approcher du centre de la pièce et de prendre de la terre dans ses mains. Elle lui demande ensuite de choisir une personne dans la salle et de se diriger vers elle. Quelque chose me dit que je vais y avoir droit. Effectivement la pesonne se déplace vers moi sans aucune hésitation. Elle s'arrête devant moi, et tel un sacrement, me dépose la terre sur la tête et la recouvre de ses mains. J'entends la voix de l'entité m'ordonner : "protège la!". A la fin de cette "céremonie", l'entité se présente enfin : elle nous dit être Ondine, la Fée de l'Eau. J'ai eu un peu de mal à trouver le sommeil ce soir là!
Le lendemain matin, la collègue m'annonce son désir de me confier la conception de sa piscine! Parfait!
La conception et la réalisation de ce projet m'ocupent pendant près de 6 mois et épuisent le budget de la cliente ainsi que mes économies. Fort heureusement c'est une belle réussite tant du point de vue esthétique que technique.
Grâce à mon travail de candidature (non retenue) au Festival de Chaumont sur Loire, une journaliste me contacte et écrit un papier qui donne à d'autres journalistes l'envie de me contacter, si bien que pour la suite Ondine n'a plus eu à intervenir de façon aussi directe.


  
Les années 2000, 2001, 2002 et 2003 voient les projets se succéder. Les différentes réalisations sont autant d'occasions d'accumuler de l'expérience et d'affiner mes techniques de construction ainsi que mon système de circulation et de traitement de l'Eau.

En  septembre 2003, Hélène Lemoine me contacte pour  le projet de piscine de sa maison de Floirac, près de Bordeaux. Le jour où je me rends chez elle, une amie chez qui je fais escale m'annonce que la maison où je me rends est mondialement connue, qu'elle a été conçue par l'architecte Rem Koolhaas, un des architectes contemporains les plus renommés. A cet instant, je ne mesure pas enocre l'importance que prendra la piscine de Floirac dans la suite de mon parcours.
Le travail de conception de cette piscine se déroule sur  toute l'année 2004. Réunions après réunions, le profil du projet se dessine progressivement. En novembre 2004, lorsque nous nous rendons à Roterdam à l'agence O.M.A., ni moi ni Oliver Schutter le délégué de Rem-Koolhaas sur cette affaire ne sommes parfaitement satisfait du projet que nous sommes censés venir faire valider par le big boss. Le parallélépipède de 25X2.5X1.5m, initialement totalement immergé dans un étang planté est  maintenant en partie sortit de l'eau et la superficie de l'étang s'ést considérablement réduite. Mais il y a encore quelque chose qui cloche. Aujourd'hui, à la lumière du projet réalisé, je comprend précisément ce qui n'allait pas;  je sais que c'était ce qui restait de l'étang autour du bassin qui posait problème. Le bassin se devait d'adopter la même logique d'intégration dans la nature que la maison, à savoir un objet géométrique venant se placer délicatement dans la nature sans la toucher et en établissant un dialogue avec elle. Dans cette logique, l'étang et les plantes aquatiques constituaient des éléments naturels exogènes qui n'avaient rien à faire dans le sous bois où le bassin sera placé. Si on les suprime, le projet devient extrèmenent simple, clair: un parrallélépipède d'eau disposé dans le sous bois. Seule l'humidité générée par le débordement modifie la végétation aux abords du bloc d'eau, la rendant simplement un peu plus verte. Il ne s'agit là non pas d'une altération de la nature mais d'une des manifestations du lien bienfaisant établi entre le bassin et la nature; les reflets du paysage à la surface  du bassin en étant une seconde.
Lorsque l'image du bassin sans l'étang autour me vient à l'esprit, sans être capable d'en analyser les raisons, je sens que le projet est là. Je fais part de l'idée à Oliver, qui s"éclipse et revient rapidement  avec un ouvrage: New York délire écrit par Rem Koolhaas en 1970. A la fin de ce livre se trouve un texte: "La légende de la piscine". Il s'agit d'une fable imaginée par Rem Koolhaas pour conclure son manifeste d'architecture sur New York.  Sa lecture rapide raisonne en moi profondemment. J'y perçois les idées qui animent mon travail sur l'eau depuis plusieurs années. L'illustration  du  texte correspond par ailleurs précisément à l'image du parallélépidède flottant dont nous venons de parler, à la seule différence qu'il flotte dans l'océan alors que le notre navigue dans la nature.
Ce dessin renforce mon sentiment d'être arrivé au terme de la réflexion et me semble tout à fait  bien venu pour présenter l'idée à Rem Koolhaas. Mais Oliver me dit alors que Rem Koolhaas n'accepte pas que l'on argumente un projet en s'appuyant sur d'anciens projets. Quelques heures plus tard, lorsque Oliver présente l'idée de la supression de l'étang à Rem , ce dernier ne semble pas partager notre enthousiasme. Il s'attendait à la validation technique d'un projet et voilà que nous lui en proposons un autre, sans être réellement capable de l'argumenter de façon convaincante. "Quel intérêt de faire une piscine naturelle si il n'y a plus de plantes aquatiques? Autant faire une piscine au chlore!", nous lache t'il avant de nous laisser une seconde chance en nous invitant à affûter nos arguments pour une nouvelle présentation le lendemain matin. L'argument décisif me sera apportée  la nuit suivante par un rêve pour le moins curieux:  dans ce rêve,  je suis aux côtés de Rem Koolhaas près de chez  moi. Nous nous promenons tranquillement dans la vallée du Boudouyssou, lorsque au détour d'un petit chemin, nous tombons sur un énorme robinet accroché à un aplomb rocheux. Du robinet géant  jaillit de l'eau  qui innonde la vallée. Le modeste Boudouyssou s'est tranformé en un grand fleuve! Je me réveille sur cette image sachant  ce qu'il faut dire à Rem Koolhaas pour le convaincre. Quelques heures plus tard, lors de notre réunion de travail, Oliver Schutter commence un nouvel exposé, pas véritablement différent de celui de la veille. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, je sens l'incompréhension et l'énervement monter chez Rem Koolhaas. Je prends alors la parole et lui dit : "Nous sommes venu ici pour valider un projet mais nous souhaiterions pouvoir en proposer un nouveau à la cliente. Si les deux sont techniquement réalisables, Il y a  une différence essentielle entre eux: Alors que le premier consommera de l'eau, le second en produira! ".  Sans que j'ai besoin d'en dire plus, je vois le visage de Rem Koolhaas se décrisper: " OK, c'est bon pour moi, parlez en à Hélène!"
Quelques jours plus tard, je rencontre Hélène pour rendre compte du travail effectué à Roterdam. Sans surprise, elle valide l'idée. En cette fin du mois de novembre 2004 le dernier dossier vient de se boucler avant mon départ pour le Maroc pour 2 mois de vacances, les premières depuis 8 ans!
De la piscine naturelle à l'agroécologie
Journal d'un rêveur.



  

"Le
chemin
est long
de la
Terre
aux
Etoiles."

la
légende
de la Piscine,
Rem Koolhaas,
New York Délires
Certains rêves sont étranges!
Dans quelques jours, Virginie et moi partirons pour le Maroc. Voilà deux moi que je redouble de travail pour boucler mes affaires et pouvoir partir l'esprit tranquille. Nous sommes en novembre, les longues nuits d'hiver sont là propices au sommeil et aux rêves

Suite en cours d'écriture